| Chambardement global: la réplique du monde rural |  Actes de la 15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec. Thèmes principaux : Reconversion des territoires, Adaptation aux changements climatiques, Culture et économie, Énergie et développement rural, Gouvernance. |
| | Gaia ou la vision artistique du monde | | Par Jacques Dufresne |  La connaissance de l'organisme dans sa totalité, longtemps discréditée au profit du réductionnisme ambiant, devient essentielle dans le nouveau contexte. Cette connaissance comporte une part importante de subjectivité et l'objet en est souvent d'ordre qualitatif. Les sciences de la complexité marquent ainsi un retour de l'approche holistique dans la vision du monde. | | Lettres | | Les ailes du texte: un regard kikuyu sur le style | | Par Jacques Dufresne |  Nous avons projeté notre vision mécaniste du monde sur le style en même temps que sur les paysages et les animaux. Le réenchantement du monde, condition métaphysique du développement durable, ne passerait-il pas par le réenchantement du style. |
| Sports | | Le sport pour mieux vivre avec la maladie | | Liaison (U. de Sherbrooke) | | Le Groupe de recherche en intervention en éducation physique et sportive adaptative de la Faculté d'éducation physique et sportive développe des méthodes pour permettre aux personnes avec limitations motrices de faire du sport. Les résultats sont spectaculaires selon l'un des fondateurs du groupe, Jacques Vanden-Abeele, qui consacre sa retraite… à la recherche et à l'intervention. | | Genres de vie | | Bonheurs d'occasion | | Au fil des événements (U. Laval) | | Parce qu’elles permettent de consommer autrement, les ventes de garage sont dans l’air du temps. |
| Lettre à nos loyaux députés |  À l'occasion de la visite du Prince Charles au Canada et au Québec, en novembre 2009. Les députés formant l'Assemblée nationale du Québec doivent prêter serment d'allégeance à la Reine Élisabeth II, reine du Canada. Trop de gens ignorent l'existence de ce serment ou le réduisent à une routine sans conséquences. Marc Chevrier rétablit ici les choses dans leur juste perspective. >> |
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| Ingres au Salon de 1845 |
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Charles-Pierre Baudelaire |
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| Texte |
| M. Ingres étale fièrement dans un salon spécial onze tableaux, c'est-à-dire sa vie entière, ou du moins des échantillons de chaque époque, – bref, toute la Genèse de son génie. M. Ingres refuse depuis longtemps d'exposer au Salon, et il a, selon nous, raison. Son admirable talent est toujours plus ou moins culbuté au milieu de ces cohues; où le public, étourdi et fatigué, subit la loi de celui qui crie le plus haut. Il faut que M. Delacroix ait un courage surhumain pour affronter annuellement tant d'éclaboussures. Quant à M. Ingres, doué d'une patience non moins grande, sinon d'une audace aussi généreuse, il attendait l'occasion sous sa tente. L'occasion est venue et il en a superbement usé. – La place nous manque, et peut-être la langue, pour louer dignement la Stratonice, qui eût étonné Poussin, la Grande Odalisque dont Raphaël eût été tourmenté, la Petite Odalisque cette délicieuse et bizarre fantaisie qui n'a point de précédents dans l'art ancien, et les portraits de M. Bertin, de M. Molé et de Mme d'Haussonville – de vrais portraits, c'est-à-dire la reconstruction idéale des individus; seulement nous croyons utile de redresser quelques préjugés singuliers qui ont cours sur le compte de M. Ingres parmi un certain monde, dont l'oreille a plus de mémoire que les yeux. Il est entendu et reconnu que la peinture de M. Ingres est grise. – Ouvrez l'oeil, nation nigaude, et dites si vous vîtes jamais de la peinture plus éclatante et plus voyante, et même une plus grande recherche de tons? Dans la seconde Odalisque, cette recherche est excessive, et, malgré leur multiplicité, ils sont tous doués d'une distinction particulière. – Il est entendu aussi que M. Ingres est un grand dessinateur maladroit qui ignore la perspective aérienne, et que sa peinture est plate comme une mosaïque chinoise; à quoi nous n'avons rien à dire, si ce n'est de comparer la Stratonice, où une complication énorme de tons et d'effets lumineux n'empêche pas l'harmonie, avec la Thamar, où M. H. Vernet a résolu un problème incroyable: faire la peinture à la fois la plus criarde et la plus obscure, la plus embrouillée! Nous n'avons jamais rien vu de si en désordre. Une des choses, selon nous, qui distingue surtout le talent de M. Ingres, est l'amour de la femme. Son libertinage est sérieux et plein de conviction. M. Ingres n'est jamais si heureux ni si puissant que lorsque son génie se trouve aux prises avec les appas d'une jeune beauté. Les muscles, les plis de la chair, les ombres des fossettes, les ondulations montueuses de la peau, rien n'y manque. Si l'île de Cythère commandait un tableau à M. Ingres, à coup sûr il ne serait pas folâtre et riant comme celui de Watteau, mais robuste et nourrissant comme l'amour antique. |
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| Source |
| Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques, le salon de 1845, textes établis par Henri Lemaître, les Classiques Garnier, Paris. |
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