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Le maître mot des aspects positifs de l’histoire d’Internet est l’organisation. Qui ne sait que des problèmes aussi criants que ceux de la faim et de la surpopulation pourraient être facilement réglés par une meilleure organisation? À l’heure où nos gouvernements cherchent de plus en plus les moyens d’économiser les ressources, où les victimes des coupures se plaignent du sort qu’on leur fait, on peut trouver un certain réconfort dans l’idée que la terre n’est pas surpeuplée mais que les populations sont mal réparties, serrées dans les prétendus «centres» qui ne cessent de s’étendre en se dépeuplant et qu’on pourrait sans doute servir plus de gens si on les nourrissait directement, au lieu de gaspiller les ressources pour nourrir le bétail au seul profit des plus nantis.
Si l’histoire d’Internet se révélait avoir des aspects positifs, ce serait donc au regard de l’organisation, de la réorganisation et de la correction des erreurs du passé. Le Réseau permet d’englober (plutôt que de simplement «rejoindre») un grand nombre de personnes aux intérêts divers mais compatibles aussi indépendants les uns des autres que des atomes, aussi solidaires que deux ordinateurs peuvent l’être lorsqu’ils sont en réseau. Prenons l’histoire d’Arpanet. Les chercheurs qui y ont participé ont-ils été dupes des militaires ou s’ils ont réussi à passer à la population un outil formidable qui ne lui était pas du tout destiné? (voir la manière dont Jacques Dufresne relate les faits dans «La guerre cathodique. Passé, Présent, Avenir», L’Agora, vol 3 no 9, 1996, p. 13-15). Un peu comme le téléphone est devenu un outil de communication alors qu’il ne devait servir qu’au commerce, comme le télégraphe*. Mais qui n’a pas l’impression que les médias se dégradent très vite? Pour certaines personnes, ceux qui passent leur vie au téléphone ou devant la télévision sont purement et simplement en train de perdre leur temps. Ce n’est pas là attaquer les personnes mais les médias. Une fois passé l’engouement initial pour Internet et ses possibilités infinies, devrons-nous reconnaître qu’il contribue autant à nous abêtir qu’à nous rendre plus intelligents?
Pourtant, une philosophie anti-médias nous ferait perdre un acquis important de la civilisation occidentale. Où serions-nous sans le téléphone, la télévision —dont on peut se passer— et, pour un nombre grandissant de personnes, Internet? Internet permet de se distraire, de faire des affaires, des recherches même: de plus en plus, l’ère du livre est révolue, et devant les librairies qui se vident au profit des magasins de disques, se brancher apparaît comme la manière de continuer à lire - d’une nouvelle manière, en ne séparant plus le contenu du graphisme, du son et de tout ce qui peut le mettre en valeur.
On peut dire tout à la fois qu’on lit moins et qu’on lit plus sur Internet. La présentation en colonnes qui ne se lisent pas une à une, comme les colonnes de journaux mais simultanément, donne l’impression de pouvoir assimiler beaucoup plus de contenu à la fois, même s’il suffit de fabriquer de tels documents pour savoir qu’on fait beaucoup avec peu. D’où l’impression double de richesse et de pauvreté des sites qui présentent des contenus. Mais nous n’en sommes encore qu’au début du processus de démocratisation d’Internet, même si celui-ci a déjà plusieurs années.
On trouve sur Internet de nombreux sites sur son histoire, dont le plus connu est sans doute celui du Babbage Institute, et le groupe L’Agora, Recherches et Communications a déjà développé de nombreux liens concernant les aspects historiques dans la section Recherche de son site. On y présente aussi bien l’histoire des personnages que celle des machines, l’histoire officielle aussi bien que celle, plus englobante, qui part de l’invention de la boussole. Or quel est l’intérêt de ces recherches? Il est certain qu’elles favorisent l’appropriation du médium. Le fait de mettre en relation le télégraphe, le téléphone, la radio et Internet, par exemple, nous permet de constater que pour celui qui est branché, la télévision est superfétatoire, de même que les journaux le deviennent, à mesure que l’on peut avoir des copies électroniques de tous les principaux journaux de la planète. Voilà pourquoi la télévision cherche à se brancher, pour rester dans la course.
Mais la grande question qu’on ne peut jamais s’empêcher de poser à l’histoire est celle-ci: est-ce qu’on y gagne au change? Si Internet est une télévision interactive, est-il essentiellement différent de celle-ci? Il n’y a rien qu’on n’ait dit contre la télévision et surtout contre ceux qui s’y adonnent. Sur la page couverture de la traduction française du livre de Neil Postman, Amusing Ourselves to Death (Se distraire à en mourir, traduction française de Thérèsa de Cheresy, Paris, Flammarion, 1986, p. 212), la télévision a des ailes de requin avec en face d’elle une paire de pieds coupés. Certes, on peut faire de la bonne télévision, mais une bonne émission est comme un bon cours magistral: le récepteur y joue un rôle essentiellement passif. Voilà pourquoi Postman estime que la télévision «joue le mieux son rôle quand elle présente des divertissements légers mais elle nous fait le plus grand tort quand elle coopte les modes de discours sérieux - informations, politique, science, éducation, commerce, religion - et les présente sous forme de divertissement».
Comment prétendre, en s’appuyant sur son histoire récente et plus ancienne, qu’il en ira autrement pour Internet? Dans la préface d’un livre de Michel Dionne sur La Télématique (Éditions Cerveau, Montréal 1988), Jacques Dufresne soutient qu’«avant même l’avènement de l’ordinateur et de la télématique, il y avait quelque chose d’effarant dans la disproportion entre l’abondance de l’information accessible et la pauvreté des critères et du jugement dont nous disposons pour faire des choix». Pour lui, cette disproportion est un nuage noir qui plane sur l’avenir de l’humanité, et les personnes lucides sont celles qui feront un usage de l’ordinateur qui reflète cette conscience critique.
Pour Arnold Gehlen, dont l’anthropologie philosophique nous servira de fil conducteur, l’être humain est seul à avoir un monde (Welt); l’animal a seulement un environnement (Umwelt). C’est parce que l’être humain n’est pas conditionné par un environnement (il jouit à cet égard d’une parfaite mobilité qui contraste avec les comportement pathologiques de l’homme moderne, qui par exemple trouve de meilleurs fruits et légumes à la ville qu’à la campagne, ou dans les pays industrialisés plutôt que dans ceux qui ne le sont pas) qu’il peut aussi ne pas tenir compte de l’environnement des animaux, qui est aussi le sien.
La situation particulière de l’homme dans la nature rend nécessaire un autre mode de rattachement à cette nature. L’animal reçoit à la naissance un programme qui lui permet d’interagir avec son environnement sur la base de l’instinct. Or l’homme n’a pas à proprement parler d’instincts, en dehors de ceux qui le relient à ses semblables. Pour énoncer le problème clairement: comment va-t-il pouvoir accéder à l’information dont il a besoin pour survivre?
N’ayant pas de programme, l’être humain n’est pas soumis au schéma stimulus-réponse; il peut inverser ce schéma et anticiper la réponse de son environnement, ce qui lui permet jusqu'à un certain point de le contrôler. Mais on a rappelé plus haut que l’être humain n’a pas à proprement parler d’environnement, mais seulement un monde. Celui-ci est d’abord et avant tout un monde fait du langage, et de tout ce que celui-ci rend possible. Il ne faut donc pas s’étonner que nos machines soient «vivantes», «organiques».
Cette séparation foncière de l’homme d’avec la nature qui rend possible les guerres, les famines, les villes, etc., rend également possible une organisation de l’information qui soit propre à l’être humain et qui serve ses besoins. Or le but de toutes les techniques est toujours la communication. À une certaine époque, le but était de joindre les peuplades les plus reculées par le téléphone. Il serait maintenant de brancher tout le monde sans exception. L’homme n’étant pas véritablement lié à la nature, comme l’animal, puisqu’il est un être de culture, de seconde nature, l’idéal est pour lui un consensus universel qui le relie à tous les hommes.
Elle recrée le lien avec la nature qui n’existe pas pour l’homme: il peut mettre fin à la nature parce qu’elle n’existe pas pour lui. La technique transforme l’homme parce que l’homme est déjà transformé par rapport à l’animal. Comme dit Max Frish, «la technologie est l’art d’arranger le monde pour ne pas être obligé de l’affronter». Elle est l’art de transformer ses faiblesses en forces, pour combler ses besoins. Philippe Breton nous rappelle ce qui suit:
«Au début, à l’étape même de sa gestation, l’ordinateur est investi symboliquement d’une charge positive, là où la bombe atomique avait représenté le summum d’une charge négative. Dans un certain sens, l’ordinateur est le même objet que la bombe: un seul objet technique qui présente une double face, l’une diabolique, l’autre angélique, en forme de contrepoint et de rachat moral. Cela peut paraître surprenant. Les deux événements concernent pourtant les mêmes hommes. Le biographe de von Neumann, Steve Heims, affirme de façon convaincante que celui-ci voyait les machines qu’il construisait comme une «extension de lui-même», permettant de dépasser les limitations humaines. Or von Neuman est à la fois celui qui invente l’ordinateur et celui qui, entre autres travaux sur le sujet, calcule la hauteur exacte à laquelle la bombe devait exploser pour causer le maximum de destruction». (L’utopie de la communication. L’émergence de «l’homme sans intérieur», Paris, Éditions de la Découverte, 1992, p. 105-106.)
La technique n’est pas neutre, elle a un double visage, tel Janus, et se retrouve au cœur de la polémique sur les aspects positifs ou négatifs d’Internet. Nous avons décidé de maintenir le cap sur les aspects positifs, car les aspects négatifs sont suffisamment dénoncés par la classe intellectuelle, dont le discours tend de plus en plus à se restreindre à la critique déconstructive. Du temps de Kant, il ne suffisait pas de critiquer négativement mais encore fallait-il que cette critique s’appuie sur un projet positif. Le même Kant pourrait fournir le modèle le plus positif qu’on puisse imaginer pour les rapports sur Internet:
«Dans son projet de Paix Perpétuelle, il écrivit que tous les pays devaient s’unir pour former une «assemblée des peuples» qui veillerait à la paix entre les nations. Il fallut attendre 125 ans après la parution de ce texte, en 1795, pour que soit créée la Société des nations, après la Première Guerre mondiale. Elle fut remplacée après la Deuxième guerre mondiale par les Nations unies. Kant est en quelque sorte le parrain de l’idée des Nations unies. Seule la «raison pratique» de l’homme permettait de faire sortir les États, selon Kant, d’un «état naturel» qui les poussait à d’incessantes guerres entre eux et pouvait créer un nouvel ordre international qui empêcherait les guerres. Le chemin jusque là n’était pas tout tracé, mais il incombait à l’homme de travailler en ce sens pour «assurer la paix durable et universelle». La création d’un tel organisme était pour Kant un but lointain, c’était quasiment le but ultime de la philosophie». (Cité par Jostein Gaarder, Le monde de Sophie [1991], Roman Seuil, 1995.)
Mais on sait bien que le Bien suprême n’est pas encore virtuellement réalisé dans le monde. Suivant Kant, si on a besoin de postuler un plus grand bien, possible également grâce à notre collaboration, ce n’est pas par manque de mobiles moraux pour faire le bien en ce monde, mais plutôt par manque de conditions extérieures dans lesquelles réaliser, conformément à ces mobiles, une fin en soi comme fin ultime morale («Sur le lieu commun: il se peut que ce soit juste en théorie, mais, en pratique, cela ne vaut point», dans E. Kant, Oeuvres philosophiques, vol III, p. 257). Ce n’est pas qu’on manque de raisons pour faire le bien dans le monde, mais les conditions sont telles que les mobiles communs ont besoin de mobiles supérieurs. L’histoire de l’ordinateur montre, depuis le début, une volonté de faire le bien, d’assurer une forme de service universel n’ayant rien de comparable avec le service militaire. Comme dit Jean-Claude Guédon, «les réseaux d’ordinateurs donnent une nouvelle chance à la communication» (La planète cyber. Internet et cyberespace, Découvertes Gallimard, 1996, p. 11). Le télégraphe, le téléphone, la radio, la télévision et finalement l’ordinateur et le multimédia sont à chaque fois une nouvelle chance que l’homme se donne à lui-même, par ses réseaux techniques, de se transformer en l’être qui ordonne intérieurement comme extérieurement toute réalité aussi bien que pourrait le faire le programme animal le plus sophistiqué.
Dans l’émission Talk of the Nation: Science Friday du 13.12.96, Vinton Cerf (actuel vice-président d’Internet Architecture ayant développé le protocole TCP/IP avec l’aide de Bob Kahn) répond avec beaucoup d’amabilité et d’empressement aux questions que se posent les usagers du réseau. Au journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait, en tant que père d’Internet, de l’évolution de son petit, il répond ceci: «La bonne nouvelle est que l’enfant grandit; la mauvaise est aussi qu’il grandit». La croissance effrénée des réseaux pose des problèmes de logistique mais plus fondamentalement, le père d’Internet se demande si le réseau est destiné à rester un éternel enfant. Or il n’est pas loin de répondre affirmativement à cette question: l’idéal serait peut-être que le réseau continue toujours de grandir, d’apprendre.
Mais un enfant a besoin d’être soutenu, et Cerf ne pense pas que l’on pourra éviter la commercialisation. Déjà, le réseau ne pourrait être ce qu’il est sans le support des ressources commerciales. Pour lui, ce n’est pas à même les budgets du gouvernement ou de corporations qu’on devrait garantir à la population l’accès à Internet*. La structure doit se supporter elle-même. Et si on en croit le «père d’Internet», le futur ira dans le sens d’une différenciation des services (on pourrait par exemple avoir des tarifs qui suivraient la quantité de ressources utilisées par certaines applications), qui devraient être de plus en plus axés sur l’individu, qui devra façonner Internet suivant ses besoins plutôt que de continuer de dire que 90% de ce qui s’y produit est dépourvu de valeur. On peut d’ores et déjà y effectuer des recherches, (Cerf raconte comment il en a fait récemment l’expérience en visitant des sites sur l’histoire de la radio pour se préparer à rencontrer des représentants de chez Marconi pour les célébrations du centenaire). Un autre exemple fourni par le «père d’Internet»: «Si les chauffe-eau étaient branchés sur Internet, la compagnie d’hydro-électricité pourrait demander à ses abonnés de diminuer la température pendant 15 minutes, afin de lui permettre de faire face à une augmentation subite de la demande».
Si on en croit les premiers fondateurs d’Internet, dont Vinton Cerf est un illustre exemple, l’ordinateur personnel a été créé pour les individus. C’est maintenant à eux de modeler Internet plutôt que de se laisser modeler par lui. Mais comme l’individu est ce qu’il y a de plus vulnérable, on ne saurait négliger les questions de sécurité. Or il semble que les problèmes soient en voie d’être complètement résolus de ce côté, par l’emploi notamment de deux clés d’encryptage et de décryptage plutôt que d’une seule clé d’encryptage (voir l’entrevue avec Andrew Kantor qui a suivi celle de Cerf).
Une fois réglées les questions d’encryptage et de décryptage, prédit Vinton Cerf, la prochaine vague qu’auront à affronter les internautes sera celle de la commercialisation. Les fournisseurs de services devront travailler de concert avec ceux qui développent les outils multimédia, afin de faire face à la poursuite de l’augmentation du trafic dans les réseaux et à la multiplication des moyens d’en user.
Et finalement, au Québec comme au Canada, il faut tenir compte du contexte historique des télécommunications, qui a toujours été celui d’une lutte contre l’américanisation. D’une certaine manière, Internet met fin à ces luttes et il ne faudrait pas prendre pour une séduction à laquelle il faut savoir résister ce qui est peut-être seulement une nouvelle chance pour la communication, contre la méfiance naturelle.
Derrière la lutte contre l’américanisation se cache une autre lutte, celle pour la suprématie du français. S’il s’agit de l’emporter sur l’anglais, la lutte est perdue d’avance. Mais s’il s’agit seulement d’imposer la présence du français sur le WWW, c’est en se battant pour l’internationalisation qu’on aura le plus de moyens d’y parvenir. Voilà pourquoi L’Agora compte éventuellement publier tous ses documents en trois langues sur Internet (français, anglais, espagnol).
* Voir la participation de Claire Poitras aux séminaires de L’Agora, le 24 mars 96 (nous rapportons ici l’essentiel de ses propos): «Les opérateurs du réseau téléphonique ne l'avaient pas du tout conçu comme un outil de communication personnelle; le téléphone devait être le prolongement du télégraphe, un instrument commercial d'échange et un instrument de contrôle. L'usage le plus répandu de cet instrument - à des fins de sociabilité - a été développé d'abord par les usagers du réseau et non par les opérateurs. Naturellement, ceux-ci ont ensuite récupéré la sociabilité de l'instrument». L’intervention de Jean-Claude Guédon va dans un sens apparenté: «[le téléphone] apparut d’abord comme instrument de diffusion, d’abord de pièces de théâtre à l’Exposition Universelle de Paris en 1889, ensuite de programmes divers, nouvelles et variétés, à Budapest avant la guerre. Dans tous les cas, il s’agit d’information stricto sensu. La fonction de communication de cet instrument ne s’affirma que progressivement, suivant en gros la croissance conjuguée des réseaux et surtout les possibilités de la commutation. Péché grave aux yeux de certains gouvernements pour lesquels la distinction entre comploter et communiquer n’est pas toujours claire. Ainsi, en France, l’implantation du téléphone en province demeura-t-elle un temps privilège de médecin, d’instituteur et de quelques autres professions dignes de confiance. Dans l’ex-URSS, les annuaires téléphoniques étaient rares, voire inexistants, manière discrète mais efficace de limiter considérablement la portée de l’instrument» (La planète cyber. Internet et cyberespace, Découvertes Gallimard, 1996, p. 15-16).
** Ce qui n’empêche pas Cerf d’encourager fortement les gouvernements à subventionner la recherche fondamentale et appliquée, qui rapporte beaucoup plus que l’investissement qu’elle coûte, même en faisant la part des échecs: «Lorsque ARPA (Advanced Research Projects Agency) fut fondée à la fin des années 50, son but était d’éviter d’avoir à nouveau à faire face à des surprises du genre Spoutnik. Elle a depuis fourni une corne d’abondance de résultats technologiques qui ont favorisé la sécurité nationale de multiples façons, produisant des résultats pourvus d’une pertinence militaire directe ou indirecte, en étendant la base technologique de la nation, sur laquelle l’industrie fait plus d’affaires et produit plus de produits et services que jamais auparavant» (voir son site).
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