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Éditions Liber

Cette encyclopédie est basée sur une série d'ouvrages publiés par Éric Volant aux Éditions Liber.

Ajouts récents
Bibliographie sur la mort
Au-delà
Je suis mort il y a vingt-cinq ans
Plus calme que le sommeil
Angéline Neveu
Poème de Sappho “A une femme aimée”
Paul Verlaine
Biodiversité menacée
Jean Feyder
Le docteur Fouks
Antonin Fouks
Le Fils
Michel Rostain
La tyrade du sphinx
Jean Cocteau
La mort dans les arts et les lettres > Littérature
Virgile
Poète latin, proche de l’épicurisme romain. Dans le sixième livre de l’Énéide, il situe les suicidés dans les Enfers, une région sombre et triste dans laquelle résident également tous les morts qui ont quitté la vie, prématurément, d’une mort non naturelle: les enfants mort-nés ou morts en bas âge, les condamnés à mort et exécutés sous de fausses accusations, les femmes victimes de l’amour parmi lesquelles se trouvent aussi des suicidées et, finalement, les guerriers tombés au champ d’honneur. «Tout à côté, se tiennent accablés de tristesse ceux qui, n’étant souillés d’aucun crime, se sont de leur propre main donné la mort et, en haine de la lumière, ont rejeté la vie. Comme ils voudraient aujourd’hui remonter à l’air pur et supporter la pauvreté et les durs labeurs! Le destin s’y oppose et l’odieux marais. Son flot lugubre les enchaîne et les replis du Styx les enferment neuf fois.» Virgile présente les suicidés non pas comme des criminels coupables, mais comme des victimes innocentes du destin. Leurs douleurs présentes «ne sont pas imputables à quelque châtiment posthume, mais résultent de la condition même de [leur] mort, violente ou prématurée» (Y. Grisé, Le suicide dans la Rome antique, p. 162). Le taedium vitae*, qui les a menés à la mort volontaire, a laissé dans leur être une empreinte ineffaçable dont ils ne se délivrent pas dans le séjour des morts. Ces souffrances physiques et morales ne sont pourtant pas éternelles, car elles prendront fin effectivement à l’avènement de leur «heure», c’est-à-dire celle du terme naturel de leur vie terrestre. La mort du suicidé est donc, pour Virgile, une mort prématurée, subie par la personne lorsque celle-ci n’a pas encore atteint la fin de sa course. Notons, par ailleurs, que Virgile situe dans les vertes campagnes de l’Élysée ceux dont la mort volontaire est inspirée par l’altruisme*, le courage ou la liberté*. Le séjour des autres suicidés dans les Enfers prend donc, malgré les précautions de l’auteur, quand même une allure de punition par rapport à la gloire des suicides altruistes.
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